Le choc de la création contemporaine et de la biologie moderne - Jean-Marie Sonet (Photo M.-L. Vernet)

Le choc de l’art contemporain

Tout d’abord, il me faut dire que bien d’autres passions que l’écriture m’ont agité au fil des décennies précédentes. La toute première, ce fut la lecture, et puis, très vite, la danse. Mon parcours de danse à commencé dès l’enfance avec la danse classique. Je croyais alors, du haut de mes huit ans, que rien d’autre n’existait que le romantisme des « ballets blancs ». Je n’imaginais pas une seconde le choc esthétique qui devait me secouer violemment un peu plus tard, dans mes années d’adolescence..

Ce choc, ce fut le Festival mondial de théâtre de Nancy qui le déclencha. C’est un jeune professeur de l’université de Nancy, un inconnu nommé Jack Lang, qui venait de créer ce festival.

Dans ce tout début des années 70, le lycéen que j’étais découvrait, un peu effaré, l’art contemporain. Il découvrait l’effervescence créative de toute une génération d’artistes. Une génération qui a profondément bouleversé le paysage artistique mondial. Pina Bausch y venait de Wuppertal, le Teatro Campesino du Mexique, le Bread and Puppet Theatre arrivait de New York City, mais avait été fondé par Peter Schumann, un Allemand de Silésie, Tadeusz Kantor et le Théâtre Cricot 2 venaient de Cracovie,  Bob Wilson des USA, Kazuo Ōno et Min Tanaka du Japon, et bien d’autres comme le Français André Engel.

J’ai peine à dire la puissance émotionnelle de telles découvertes. Ce fut un choc, brutal, presque douloureux, et qui résonne encore en moi aujourd’hui. 


Vous, qui avez aimé de passer la frontière, que diriez-vous d’aller tous deux nous promener au long du puissant fleuve qui vous fit rêver, goûter, sans vous lasser, mes lèvres étrangères.

Extrait de Caresse du monde, N°56, © Jean-Marie Sonet, 2021

Le nouveau visage de la biologie

En 1976, je suis étudiant à la Faculté des Sciences de Nancy puis à l’Université Louis Pasteur de Strasbourg. C’est alors que je vais faire une lecture qui sera pour moi de grande conséquence. Je lis – je dévore – en effet l’essai de Jacques Monod Le Hasard et la nécessité. L’ouvrage, sorti en 1970, me fait découvrir le nouveau visage de la biologie. Cet essai sur la philosophie naturelle de la biologie aura été à l’origine de ma passion pour la biochimie. Une passion qui m’entrainera pour quatre décennies dans l’aventure des biotechnologies industrielles. 

Pourtant, jamais mon intérêt pour la philosophie, la littérature, la danse et l’art en général ne m’a quitté. Tout en faisant mes débuts dans la biotechnologie, j’ai achevé ma licence de philosophie entamée à l’Université Marc Bloch de Strasbourg.

Filiation, transmission, création

Aujourd’hui, en parallèle à mon activité de consultant, je consacre une part croissante de mon temps à l’écriture. Ainsi suis-je devenu, de façon surprenante, un « jeune » auteur. Hélas, ce n’est qu’au sens où ma carrière d’auteur n’a commencé qu’en 2017. Cette année-là, j’ai publié Marcher sur la pointe des pieds, un essai sur le thème de l’élégance ( Éditions Ovadia, Nice).

Je suis originaire de la haute vallée du Rahin, entre Ballon d’Alsace et Ballon de Servance. J’ai vécu toute ma jeunesse en Lorraine, Alsace et Franche Comté. Je reste très attaché à cet orient du royaume de France, si cruellement traité par l’Histoire. Je lui dois beaucoup, ainsi qu’à ses habitants, fidèles en amitié.

Caresse du monde, mon premier recueil de poèmes, leur doit beaucoup.


Pour le détail de mon parcours professionnel, mon profil LinkedIn vous dira tout à l’adresse : linkedin.com/in/jean-marie-sonet-8347937