L'URGENCE DU SENS

Mois : mai 2022

Déconstruire, disent-ils*

À propos de Forteresse : La nomination cette semaine d’un déconstructeur de premier rang** au poste de ministre de l’Éducation nationale m’a donné envie d’attirer votre attention sur Forteresse, un poème que m’avaient jadis inspiré les déclarations fluides d’un candidat-président postmoderne qui aura, hélas, tenu ses promesses.

Forteresse

Penser est au risque de se payer de mots.
C’est une monnaie fluide, aimée des post-modernes.
Le droit est son idole, devant quoi se prosternent
Ceux qui aiment à ester près les tribunaux.

Pris dans la forteresse de leurs idéaux,
Derrière des remparts dépourvus de poterne,
Ils vont, sempiternels, chercher qui les gouverne.
Leur grâce est un espoir de gloire en vidéo.

Nous implorons le doux soutien de la bêtise.
Qu’elle ne nous fasse ni défaut ni traitrise,
Mais ruine le faux dieu de ces tristes dévots,

Répande le baume de la méconnaissance
Des lexiques amers, déconstruisant la France,
Intersectionnels et post-coloniaux.

Extrait de Caresse du monde, n°93 (© Jean-Marie SOnet, 2021)

* Le titre de cet article fait évidemment référence au « Détruire, dit-elle », titre d’un roman de Marguerite Duras (Les Éditions de Minuit, Paris, 1969, ISBN 2-7073-0136-1), roman qu’elle adaptera elle-même dans le film homonyme (1969).

** voir aussi à ce sujet, l’article de François-Xavier Bellamy dans le même journal.

Le Visiteur de Dnipro

Les rapports de fréquentation de mon site d’auteur transmis par l’hébergeur sont précis. Ils vont jusqu’à m’indiquer parfois la position géographique de mes visiteurs. Or, depuis des semaines, des mois à présent, j’ai la surprise de voir des connections sur mon site régulièrement enregistrées depuis la ville ukrainienne de Dnipro.

Impossible d’écarter l’hypothèse que ce visiteur ne soit qu’une machine, un de ces spiders robotiques qui poursuivent inlassablement leur travail, ignorant tout du monde. Mais ce peut être, plus probablement, un être humain, femme ou homme, Français peut-être, francophone sûrement, qui s’intéresse ainsi à mes publications.

Peut-être y trouve-t-il  l’occasion d’entendre parler d’autre chose que de la guerre et de ses combats, de respirer un air un peu plus léger, et tenter de chasser l’angoisse et le désarroi de son esprit.

Le regret de l’Europe aux anciens parapets

Il faut bien l’avouer, l’actualité militaire manque souvent de poésie et d’humour. et il ne faut pas compter sur Vladimir Poutine pour nous remonter le moral. La Russie ne serait-elle plus qu’un bateau ivre que sa course entraîne à ravager l’Ukraine pour venger son regret de l’Europe aux anciens parapets ?

Dnipro, capitale éponyme de son oblast, comptait avant la guerre un million d’habitants. Elle s’étend au bord d’un de ces immenses fleuves d’Europe centrale, dont mon professeur d’histoire-géographie au lycée nous disait déjà, dans les années 70 du siècle dernier, qu’ils étaient « non des fleuves, mais des catastrophes ! ».

Un million d’habitants à Dnipro hier. Aujourd’hui combien ? Les volontaires sont partis combattre mais des vagues de réfugiés viennent s’y abriter. Qui êtes-vous, cher visiteur ? Éclairez-moi ! N’hésitez pas à me laisser un message. Il est bien intimidant de se trouver ainsi en un contact aveugle avec cette Europe orientale que je connais si peu et si mal. Cher inconnu lointain, je vous salue bien bas et prie pour vous et votre pays. 

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